LE KAVE SE REBIFFE

Bienvenue dans l'antre Essonnienne branchée sur le courant alternatif du KAVE.

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samedi 29 octobre 2016

L'INDIGNATION NOCTURNE

Nous sommes les 99%. Nous sommes Légion.
"Ce qui existe, ce sont les échecs. Personne n'y échappe. Aussi vaut il mieux perdre quelques combats en luttant pour ses rêves que d'être battu sans seulement savoir pourquoi on lutte."  Paulo Coelho 



En cette fin de mois d'octobre, voici venu un autre article collaboratif kaviste grâce à un texte envoyé par un kaviste acharné et un peu énervé du bocal juste ce qu'il faut.
Le texte qui va suivre a été écrit suite au mouvement Nuit debout du printemps dernier. 
Ce texte doit avoir été fait il y a en gros cinq ou six mois et reste toujours d'actualité.
 Ce billet me semble intéressant à plusieurs niveaux et j'avais envie de le partager avec les kavistes. J'ai des points d'accords et de désaccords avec ce texte, mais je m'y retrouve sur beaucoup de choses, et je trouve enrichissant de comparer les points de vue pour alimenter un débat loin d'être clos. 
Ce mouvement a peut-être paru inutile ou anecdotique à beaucoup, il a aussi perdu en crédibilité sous les sarcasmes à cause de certains comportements de quelques individus et à cause de la fameuse porsche incendiée, alors que justement il démontrait à mon avis une envie d'alternative citoyenne, qui si elle n'a pas continué sur la durée, elle a pu en revanche éveiller et réveiller des consciences, et aussi se poser en lanceur d'alerte, et à mon sens, c'est bien là l'important. 
Après tout, les participants de Nuit debout refusent aussi d'avaler la pilule...
Malheureusement, je n'ai pu retrouver le nom de l'auteur de ce texte et j'espère que si par hasard, il tombait sur le comptoir de la Kave, il n'hésiterait pas à se signaler, il est le bienvenu chez nous !  
A vos marques, prêts? Lisez...


QUI DECREDIBILISE NUIT DEBOUT : LES « CASSEURS », OU TOI?

"Depuis que Nuit Debout a commencé, tout le monde semble retenir son souffle pour voir comment ça va évoluer. J’ai quelques idées à ce sujet : la nouveauté a été accueillie avec bienveillance les premiers temps, le gouvernement n'allait pas tout de suite donner dans la répression violente. Il allait attendre de pouvoir se reposer sur quelques points particuliers sur lesquels centrer la négativité des gens. J'sais pas si ça vous rappelle quelque chose… moi ça me laisse un petit arrière goût de l'engouement suscité par Anonymous, rapidement suivi de leur ringardisation.

La décrédibilisation, arme de destruction massive
Si je vous dis "hippie", vous pensez quoi ? Si vous avez comme moi regardé une bonne dose de séries américaines, il y a des chances que vous imaginiez un personnage ridicule avec un t-shirt moche, défoncé au LSD et à la beuh.
Sauf que.
Sauf que le mouvement hippie reste certainement la révolte politique la plus audacieuse et transformatrice des 50 dernières années.
Les hippies, ce sont des gens qui ont challengé leurs parents, leurs gouvernements, risqué la prison pour désertion, se sont faits tabasser, chasser, parfois tuer. Ce sont des gens qui ont challengé leurs représentations intérieures, leurs visions du monde, de la violence, de l'argent, de la sexualité. Je ne sais pas pour vous, mais moi je trouve que ça envoie du bois, niveau courage.
Du coup, pourquoi a-t-on retenu de cet héroïsme des images de gens défoncés qui courent tous nus dans la boue et boivent des jus de fruits chelous ? La réponse est simple : Hollywood est passé par là. Il y a eu une entreprise de sape généralisée du mouvement par les médias mainstream. 50 ans plus tard, ils ne sont plus que de vagues personnages de sitcom, totalement vidés de leur substance politique. Une arme diablement efficace contre la révolte sociale.

Aujourd'hui, l'information va plus vite, et le procédé de décrédibilisation est toujours plus rapide et efficient. Un mouvement alternatif ou de révolte apparait ?
 On laisse libre cours à un engouement populaire (plus ça monte haut, plus ça tombera bas) et on attend. On attend que les trois grands écueils de toute proposition alternative apparaissent :
• se faire traiter de mous et d'inefficaces si le mouvement s'ancre dans la parole (voir le poste "d'Odieux Connard" qui porte bien son nom en ne craignant jamais de tomber dans la facilité)
• se faire traiter de paumés lorsqu’on verra se rallier au mouvement une frange de marginaux non intellectuels avec un univers esthétique dérangeant, et souvent associés à de la prise de drogue
• se faire traiter d'idiots et de délinquants s'il y a des passages à l'acte de révolte physique

Nous avons à présent les trois grands piliers sur lesquels baser la décrédibilisation, amis internautes faites votre choix !
Alors, le non-succès de "Nuit Debout", à qui sera la faute ?
1) Aux intellectuels bobos qui parlent, parlent, mais ne font jamais rien ?
2) Aux punks, teufeurs, et aux fumeurs de shit non respectueux des riverains, qui de toute façon ne sont pas là pour faire de la politique ?
3) Aux porteurs de cagoule, graffeurs et autres casseurs ?

Quelques points de réflexion à ce sujet :
1) Un engagement politique ne se fait pas sans définition du mouvement, et plus crucialement, sans un ensemble de trajectoires individuelles. Parler, c'est une manière d'agir, sur les corps, les gens, l'Histoire.

2) Qu’est ce que la politique ? Et si prendre ta place dans un espace public qui t'es habituellement refusé, c'était déjà de la politique ? Est-ce que la dimension festive du mouvement n'est pas essentielle pour dynamiser les longues nuits d'AG, voire pour amener des gens à la parole ou aux actes ? Comment veux-tu convaincre les gens de se diriger vers une alternative qui ne serait pas joyeuse ? Et même si l'on considère que ces personnes sont un peu paumées, ne sont-elles pas les fruits de notre société et n'avons nous pas un devoir d'accueil de nos marges ?

3) La violence existe déjà. Elle n'est pas amenée par les casseurs. Paupériser, désespérer, enfermer, ne pas écouter, taper à coups de matraques, menacer de prison et d'amendes : c'est de la violence. S'attaquer à des acquis sociaux, c'est de violence. Ruiner notre écosystème, c'est de la violence. Laisser des gens crever la dalle quand on a de quoi les nourrir, c'est la plus grande des violences. Comment peut-on voir le système en place comme "un gardien de la paix", et ceux qui se révoltent contre comme des "fouteurs de merde" ? Y a-t-il une violence pacifique et propre, et une violence sale ? De quel côté désires-tu te situer ?
À quelqu'un qui me reprochait hier de ne pas me désolidariser des "casseurs" car il "nuisaient à la crédibilité du mouvement", j'ai répondu que la violence physique n'était pas (encore?) mon mode d'expression, mais que bien malin serait celui qui pourrait définir les bons et mauvais moyens de lutte dans notre situation actuelle. Et qu'à défaut d'être d'accord sur la forme, j'avais un devoir de solidarité envers ceux qui en partagent le fond.
Quel que soit le camp dans lequel nous nous situons (intellectuels citoyens, alternatifs joyeux ou insurrectionnels enragés) il serait bien de nous en souvenir.
Et ça vaut pour toi, qui regarde tout ça depuis l'extérieur à travers ton écran ou ta télé : parce que c'est aussi pour toi qu'on se bat, et au fond, tu le sais très bien. Donc, s’il te plaît, réfléchis avant de nous tirer des balles dans le pied à tous les deux.

Le système en place a fait un merveilleux travail dans l'inconscient collectif : depuis quelques jours, le seul débat que j'entends est de savoir "qui va le plus nuire à la crédibilité du mouvement ?". Le suspens semble à présent à son comble : ça va se pêter la gueule : à qui la faute ?
Le combo critiques dures de la droite/moqueries gentilles de l'ensemble de la population (jusque dans les propres rangs du mouvement) fera merveille ! Ce n'est pas pour rien qu'on se retrouve à laisser pourrir nos lanceurs d'alertes dans des prisons et qu'on porte Che Guevara sur nos caleçons comme s’il était un accessoire de mode : on nous a retiré tout sens de l’engagement politique, de la solidarité, et toute capacité à voir des héros en les gens qui se battent pour nous.

Oh My God : Une Porsche a brûlé, et elle n'appartenait pas à un patron.
Ils sont beaux, les faits divers, en ce 29 avril !
20 Minutes titre "Porsche incendiée à Nantes: Le propriétaire est un passionné de voitures «ni riche, ni patron»"
et MSN "Le désarroi du propriétaire de la Porsche incendiée à Nantes"
Et... voilà que c'est massivement relayé sur les réseau sociaux. On va même jusqu’à interviewer « le père de la victime ». Sérieux, les gens ? 
Y'a des milliers de personnes actuellement en cage à nos frontières dans des conditions déplorables, et vous pleurez sur un mec qui a perdu sa voiture ? Ou bien c'est juste que vous vous identifiez plus au deuxième qu'au premier ?
Sans doute que oui, parce que ce "brave ouvrier" qui a bossé comme un connard pour se payer sa voiture de merde à 40K, c'est ton petit American Dream à toi… Et il faudrait quand même pas que la révolte sociale qui gronde risque de te priver de ton petit rêve de riche, non ?

Bref, tu écris et diffuses bien ce que tu veux, mais aies au moins le courage de réaliser que lorsque tu critiques les "dérives" des manifestants et que tu défends le pauvre gars qui a perdu sa Porsche, ben tu soutiens les rêves du système actuel, ceux d’un système inégalitaire, contre les rêves de ceux qui veulent le changer. T'as beau ne pas être riche, tu es du côté des grands patrons et du rêve qu'ils te vendent.
Si tu en doutais, demande-toi si tu aurais tiqué à cette réflexion que personne n’a semblé relever dans l’article ce matin :
«On était tous extrêmement anxieux, car on entendait les détonations à l'extérieur et on voyait les policiers utiliser les lances à eau contre les manifestants… Je me disais alors que je risquais bien de retrouver ma voiture rayée ou avec les essuie-glaces brisés»
Lol. Ben oui, évidemment : moi aussi quand j'entends des détonations et que je vois des mecs se faire charger, je m'inquiète pour mes essuie-glaces. Normal.

Ton esprit critique est au service du système en place
L’esprit critique c’est important, c’est vrai.
Le problème, c’est que tu te trompes lorsque tu crois l’exercer d’une manière indifférenciée. Parce que le gouvernement, les banques, les labos pharmaceutiques n’en ont rien à carrer que tu les critiques : t’inquiète qu’ils ont les moyens de se défendre.
Ce n’est pas le cas d’une proposition sociétale alternative ou d’un début de révolte.
Lorsque tu critiques de manière « objective » un mouvement naissant, que tu pointes ses faiblesses, que tu te moques de son peu de crédibilité, tu t’attaques à une chose fragile qui n’a que peu de ressources humaines, financières, et pas encore de légitimité. Tu n’es pas neutre. Tu le condamnes à une lente mort, au service du système en place.
Et si tu attends qu’une alternative politique soit parfaite pour lui donner du crédit et la soutenir, mon gars, tu vas l’attendre toute ta vie.
Essaye de proposer quelque chose et tu verras : la critique c’est confortable, l’engagement, beaucoup moins.

Tu te sens cool, au dessus du lot des moutons, avec ton ironie (génération Canal+, bonjour !) ? Bien au-delà des idéologies ?
Triste nouvelle, tu n’es ici qu’un pion d’un processus bien rodé : celui de la décrédibilisation. Et tu nous nuis bien plus que nos parleurs, nos casseurs, nos drogués, nos dérives.

Alors toi, si prompt à la critique, qui te sens si malin avec ton cynisme et tes jugements sur les membres de Nuit Debout, petit conseil : tourne trois fois la langue dans ta bouche avant de sortir ta prochaine critique, ta prochaine réflexion sarcastique, et demande-toi si tu n'es pas au final la personne la moins maline du monde. Et plus gravement : celle qui, au fond, nous met dans la merde politiquement."
Auteur?

Voilà, ça se passait ce printemps et pas mal d'idées de ce mouvement auquel j'ai participé en tant que simple citoyen sur des happenings dans mon département ont aussi contribué à me relancer dans le travail d'écriture à la Kave, alors qu'au printemps, j'étais au bord de la fermeture administrative de la Kave, et puis certains événements ont relancé le zinc pour arriver jusqu'à vous aujourd'hui, et c'est pas fini...


A quand la convergence des luttes?

Bonus Track: 
Un autre kaviste +Thomas R m'a aussi laissé une version remaniée de notre "Marseillaise", finissons ce post là-dessus, cela parait approprié... 

Allons enfants de la fratrie
Le jour d'espoir est arrivé,
Entre nous de l'harmonie
L'étendard rayonnant est levé !
L'étendard rayonnant est levé !
Entendez-vous dans nos entrailles
Bouillir ces féroces désirs,
D'amour, de partage et d'agir
Contre les misères à la bataille !
Levons-nous, citoyens !
Chantons à l'unisson !
Allons, Allons,
Que nous soyons, tous frères entre nations !"

Sans Nous,
#LESKAVESSEREBIFFENT

YES OUI KAVE !

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