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vendredi 29 janvier 2016

Droits humains: L'indécence du mal-logement


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"Les hommes politiques ne connaissent la misère que par les statistiques. On ne pleure pas devant les chiffres." Abbé Pierre





Le 29 janvier 2016

Depuis hier, Christophe Robert délégué général de la Fondation Abbé Pierre fait le tour des plateaux TV pour présenter le rapport accablant sur l'aggravation endémique du mal-logement en France, en particulier pour les classes populaires.
Nous les smicards, les chômeurs, les jeunes (cible privilégiée) les travailleurs pauvres, les classes moyennes "laborieuses", les CDD, les précaires, les locataires, les familles monoparentales, les handicapés, les immigrés, les SDF, les français lambda sommes tous représentés dans ce chiffrage glauque et donnant la réalité des faits aujourd'hui. L'habitat indigne pour tant d'entre nous.
Six chiffres clés sont livrés sur ce "mal" terme utilisé de manière généralisée, la mal bouffe, le mal logement, le mal être, le mal vivre, ces six chiffres en disent long sur l'état de nervous breakdown dans lequel le pays s'enfonce.

Voyons un peu cela:

Pour cette partie chiffres, j'ai pris appui sur plusieurs sources de différents médias et le rapport "n lui-même, et dans la longue liste des causes et conséquences de ce mal-logement, il y a des choses comme les logements sans eau,  sans chauffage, les personnes contraintes de revenir vivre au domicile parental, les bidonvilles,les camps improvisés, les squats, les logements inappropriés pour le nombre de personnes (15M2 pour 5, c'est un peu juste), le manque de logements sociaux, les loyers en augmentation exponentielle, etc etc etc...
"La Fondation Abbé-Pierre dénonce une aggravation pour les classes populaires des difficultés de logement et pointe les conditions sanitaires toujours précaires pour des millions de Français et une hausse des personnes sans domicile."

 Un logement décent pour chacun? Attention spoiler, on en est loin.

Le chiffre tombe...

3,8 millions de mal-logés

Près de 900000 personnes sont privées de logement personnel, selon la Fondation.
 Parmi elles, 141500 sont sans domicile et 85000 vivent dans des habitations de fortune.
Près de 2,9 millions de personnes vivent dans des conditions de logement «très difficiles» (privation de confort, surpeuplement «accentué»).
1% des logements sans eau courante, douche ni WC
En 2013, 204000 logements en France ne disposaient pas d’eau courante, d’une installation sanitaire – baignoire ou douche – ou de WC intérieurs.
Plus d’1,9 million de logements «étaient dépourvus de chauffage central en 2013.

55% du revenu consacré au logement

Les ménages les plus pauvres (1er décile de la population) consacrent plus de la moitié de leur revenu à leur logement, contre 17,4% en moyenne chez les Français, et 12,5% pour les plus aisés.
Les 10% les plus pauvres (1er décile) ayant un revenu mensuel moyen de 678 euros selon l’Insee, le logement leur coûte ainsi 379euros en moyenne par mois, ne laissant que 299 euros pour tout le reste. (NDLR: je suis à 41% et c'est déjà un gouffre)

582 bidonvilles

Fin 2015, 17929 personnes vivaient dans l’un des 582 bidonvilles référencés en France par la Délégation interministérielle à l’hébergement et à l’accès au logement (Dihal). 37% de ces personnes «très marginalisées» habitent dans un campement illicite situé en Ile-de-France, et 21% sont regroupés en Nord-Pas-de-Calais. «À lui seul, le département de Seine-Saint-Denis abrite 12% des personnes recensées et 7% des bidonvilles à l’échelle nationale», souligne le rapport de la fondation Abbé Pierre.(NDLR: Calais, plus grand camp d'europe)

Près d’un tiers des enfants vivant dans des logements précaires présentent des sifflements respiratoires, contre 7,1% en moyenne dans les autres foyers. Près de la moitié des adultes dans des logements précaires souffrent de migraines (47,7% contre 31,6% des autres ménages) et de dépression ou d’anxiété (40,8% contre 28,7%). (NDLR:Sans parler des maladies liées à l'insalubrité)

450000 personnes contraintes à revenir vivre chez leurs parents

Près de 450000 personnes sont revenues au domicile parental en 2013 en raison d’une situation personnelle difficile (perte d’emploi, problèmes financiers, mauvaise santé ou problèmes de logement). Chez les plus de 25 ans (hors étudiants), le nombre est en augmentation de 20% entre 2002 et 2013, passant de 282000 à 338000 en 11 ans. Plus impressionnante, l’augmentation est de 66% entre ces deux années pour les personnes âgées de plus de 60 ans contraintes d’habiter chez un tiers avec lequel elles n’ont pas de lien de parenté direct (de 50000 à 83000). (NDLR: j'ai vécu ce retour à la maison, faute de logement)


Aie aie aie, lecture qui donne la nausée au plus haut point...

Mais qu'en est-il dans notre département de l'Essonne?

Je vous renvoie à ce petit lien sur ce constat local et départemental... et je vous invite à cliquer sur cette petite vidéo...



Damn!
Je me sens directement concerné par ces questions, je suis locataire, je vis en Essonne depuis toujours, et j'ai assisté à la dégradation des conditions de vie dans le département et à la difficulté de s'y loger à des tarifs raisonnables.
 L'Essonne n'est bien sûr pas épargné par ce consternant constat national. De plus la fracture nord-sud du département entraîne des fluctuations incroyables des prix des loyers, selon si l'on vit à Massy, Etampes, Soisy/ecole ou autres.
 Et il ne fait pas bon demander un logement social, il faut parfois des années pour en obtenir un et ce, quelque soit votre condition, à moins que vous ayez un pote bien placé...
Je peux constater au jour le jour des problèmes que rencontrent mes contemporains essonniens, et les témoignages des gens sont pléthoriques autour de moi, le mal est profond et durable. Chacun dans son "réseau" a quelqu'un en situation d'indécence face au logement en Essonne.
La situation de ghettoisation s'accroit irrémédiablement, les cités essoniennes plient sous le poids de l'afflux d'habitants dans les grosses zones urbaines du nord du département, et le sud fait peu dans le social, accepte un montant de loyer exorbitant, mais pratique une politique du logement social indigente et manque cruellement de logements disponibles.
 Heureusement les politiciens nationaux et locaux ont pensé à tout, Container city sera bientôt en vente dans toutes les bonnes agences immobilières...

Enfin, petit rappel de droits, de grands principes inscrits dans le marbre, mais qu'on applique selon l'humeur, c'est tellement beau quand on le lit:

Le droit au logement est considéré comme découlant, en France, de la rédaction des 10e et 11e alinéas du préambule de la Constitution du 27 octobre 1946, qui fait partie de textes à valeur constitutionnelle :

10. La Nation assure à l'individu et à la famille les conditions nécessaires à leur développement.
11. Elle garantit à tous, notamment à l'enfant, à la mère et aux vieux travailleurs, la protection de la santé, la sécurité matérielle, le repos et les loisirs. Tout être humain qui, en raison de son âge, de son état physique ou mental, de la situation économique, se trouve dans l'incapacité de travailler a le droit d'obtenir de la collectivité des moyens convenables d'existence.

ou encore...

Le droit au logement est réaffirmé dans la loi du 31 mai 1990 par son article 1 : « garantir le droit au logement constitue un devoir de solidarité pour l’ensemble de la nation »
Dans sa décision du 19 janvier 1995, le Conseil constitutionnel a considéré que « la possibilité de disposer d’un logement décent est un objectif à valeur constitutionnelle »

De l'écrit aux actes? Chiche? Liberté, équité, solidarité ou désillusion, abandon, et déraison?





Finalement, c'est l'Abbé Pierre qui avait raison, on ne pleure pas devant des chiffres, mais on peut hurler.

3,8 millions de mal-logés

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