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dimanche 21 août 2016

Olympique, atypique, politique

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"L'athlétisme est une école d'humilité. On n'est jamais le meilleur bien longtemps."

Tommie Smith.



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En cette fin de JO de Rio (tant décriés et vilipendés), je me permets un focus sur une histoire que j'aime beaucoup, celle de Tommie Smith, champion engagé et pas assez reconnu à mon goût. Bien sûr, beaucoup connaissent la fameuse image des poings levés sur le podium, mais derrière la grande histoire, il y a aussi la petite histoire, celle de l'ombre.
 Pour cela, je me suis permis de reprendre un paragraphe d'un article écrit sur réseauinternational.net dont vous pourrez retrouver le lien de l'intégralité de l'article en bas de page (comme ça, vous êtes obligés de lire tout ce qui va suivre bande de feignasses ;)).
1968 est une année particulière à bien des égards et cette histoire est tout à fait symptomatique des évènements vécus à cette période.
Enjoy, likez et partagez.


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A côté des utilisations politiques, les Jeux olympiques ont été utilisés pour la bonne cause. Celle de l’émancipation des peuples.
Pour l’histoire, lors des Jeux olympiques de Mexico en 1968, on se souvient des fameux points gantés et levés vers le ciel des deux coureurs du 200m afro-américains Tommy Smith et John Carlos.
Personne n’a fait attention au troisième coureur et pourtant écrit Riccardo Gazzaniga… C’est peut-être bien lui le plus grand héros de cette scène! (…) Un blanc, immobile, figé sur la deuxième marche du podium. Il ne brandit pas le poing en l’air. (…) En fait, je pensais même que cet homme représentait, dans toute sa rigidité et son immobilité glacée, l’archétype du conservateur blanc qui exprime le désir de résister à ce changement que Smith et Carlos invoquaient en silence derrière lui. (…) La vérité, c’est que cet homme blanc sur la photo, celui qui ne lève pas le bras, est peut-être le plus grand héros de ce fameux soir d’été 1968.
Il s’appelait Peter Norman, il était australien et ce soir-là, il avait couru comme un dingue, terminant la course avec un temps incroyable de 20 s 06. (…) Le racisme et la ségrégation étaient extrêmement violents en Australie, non seulement contre les Noirs, mais aussi contre les peuples aborigènes. Les deux afro-américains ont demandé à Norman s’il croyait aux droits humains. Norman a répondu que oui. «Nous lui avions dit ce que nous allions faire, racontera plus tard John Carlos. Je m’attendais à voir de la peur dans les yeux de Norman… Mais à la place, nous y avons vu de l’amour.» Norman a simplement répondu: «Je serai avec vous.» Smith et Carlos avaient décidé de monter sur le podium pieds nus pour représenter la pauvreté qui frappait une grande partie des personnes de couleur. Ils arboreraient le badge du Projet olympique pour les droits de l’homme, un mouvement d’athlètes engagés pour l’égalité des hommes. En fait, juste avant de monter sur le podium, Smith et Carlos ont réalisé qu’ils n’avaient… qu’une seule paire de gants.Ils allaient renoncer à ce symbole, mais c’est Norman qui a insisté, en leur conseillant de prendre un gant chacun. Si vous regardez bien le cliché, vous verrez que Norman porte, lui aussi, un badge du Projet olympique pour les droits de l’homme, épinglé contre son coeur. Les trois athlètes sont montés sur le podium; le reste fait partie de l’Histoire, capturé par la puissance de cette photo qui a fait le tour du monde.»
«Ce que l’on sait moins, c’est que Peter Norman, lui aussi, a subi de lourdes conséquences. Pour avoir apporté son soutien à ces deux hommes, il a dû dire adieu à sa carrière qui aurait pu être extrêmement prometteuse.

Un simple pardon aurait pu lui permettre de revenir dans la discipline (…) Mais il n’en a rien fait. Avec le temps, Carlos et Smith ont été considérés comme de véritables héros ayant défendu la cause de l’égalité raciale envers et contre tous. En Californie, une statue a même été érigée en hommage à ces deux athlètes aux poings levés…
Sauf que l’Australien ne figure pas sur cette statue. En 2006, Peter Norman décède finalement à Melbourne, en Australie. À son décès, les deux sprinteurs américains ont tenu à porter son cercueil.
N’oublions jamais Peter Norman, héros sans gants, effacé de l’histoire, qui n’a jamais cessé de lutter pour l’égalité des hommes.»
Professeur Chems Eddine Chitour

Complément d'information de votre Kave:

Très symbolique, le geste des points gantés est souvent associé au Black Panther Party, bien que Tommie Smith n'en ait jamais fait partie. En effet, il se revendiqua de l'Olympic Project for Human Rights, groupe qui proposait un boycott des Jeux olympiques par les athlètes afro-américains tant que leurs droits civils ne seraient pas respectés. Boycott qui ne sera pas suivi, mais qui marquera fortement la communauté afro-américaine.
Un autre geste symbolique qui a moins été remarqué lors de cet épisode est qu'il a posé sur le podium sa paire de Puma pour rappeler que les afro-américains n'ont même pas le moyen de s'offrir ce type de chaussures, les chaussettes noires montantes étant le symbole de la pauvreté des noirs.
En réponse à leur action, il ordonne que Smith et Carlos soient suspendus de l'équipe américaine et bannis du village olympique. Les deux athlètes seront suspendus puis interdits de compétition à vie.. Peter Norman sera lui aussi mis à l'écart par son pays, ce qui démontre bien aussi le racisme ambiant qui pesait en Australie. À la suite de ce geste, que Smith appellera « Stand for Victory », les deux hommes recevront également des menaces de mort contre eux et leur famille. Smith n'est alors âgé que de 24 ans. Son record homologué ne sera pas battu avant 1979 et restera un record olympique jusqu'en 1984.
Je vous rappelle aussi que l'actualité de 2016 nous montre que les noirs aux Etats-Unis continuent à être assassinés impunément, alors même qu'ils représentent dorénavant une partie non négligeable des plus grands champions sportifs américains. Sois un champion, mais tais-toi. Tommie Smith, lui, a choisi de ne jamais se taire.
Respect.

Je vous recommande donc chaudement la lecture du lien qui suit et qui traite de choses qui vont bien au-delà de Tommie Smith et son geste de rebellion.